J’ai lancé Acroyear le 28 juin 2012. C’est une police de titrage construite à partir de formes douces, semblables à des gélules, conçue surtout pour les grands corps. Elle fonctionne à l’horizontale, mais j’ai toujours trouvé qu’elle prenait vie quand on la composait sur une pente ascendante. Mes visuels promotionnels mettaient donc l’accent sur ces compositions inclinées.
L’idée est née d’une enseigne de boutique de tampons en caoutchouc que j’avais repérée à Nagoya. Les kanji de l’enseigne ne ressemblaient pas exactement à ces lettres, mais leurs formes de gélules qui semblaient monter en file avaient attiré mon attention. Elles me faisaient penser à des pilules gravissant une colline, ce qui donnait au dessin une ambiance pharmaceutique un peu dystopique que je voulais explorer.
Le nom Acroyear venait de mon enfance. Acroyear était un personnage de la gamme de jouets Micronauts, qui occupait pour ma génération la même place que Transformers pour les enfants un peu plus jeunes. Cette référence nostalgique, associée aux formes, donnait sa personnalité à la police. Quand je la regarde aujourd’hui, j’y vois des traces du mobilier modulaire des années 1970 et de l’architecture moderne, mêlées à une sensibilité rétrofuturiste.
Malgré son dessin distinctif, Acroyear n’a jamais beaucoup attiré l’attention et n’a jamais été largement utilisée. Elle reste l’une de mes créations les moins réussies sur le plan commercial. En décembre 2024, j’ai fait une petite mise à jour technique, en ajustant les métriques verticales pour éviter que les accents soient tronqués dans certaines applications. À part cela, la police n’a pas changé depuis sa sortie.