J’ai publié Edmunds le 6 mai 2000. C’était un caractère de titrage et de lettrage au tempérament volontairement loufoque, proche du dessin animé. Sa structure était celle d’un caractère à empattements rectangulaires, mais j’en avais déformé les lettres jusqu’à l’absurde. Le B, le D et le R étaient particulièrement étranges, avec des formes exagérées et maladroites qui donnaient le ton à l’ensemble. Je lui ai donné le nom du rocker Dave Edmunds pour son association avec le rockabilly, plutôt que pour un lien direct avec le dessin.
Dès le départ, j’ai proposé deux styles : Regular et Distressed. Tous deux sont sortis en même temps, sous une licence gratuite autorisant l’usage commercial, ce qui rendait la police largement accessible. Au fil des ans, je l’ai vue apparaître de temps à autre sur des emballages, des jouets et dans des jeux vidéo, sans toutefois relever d’exemples précis. Elle semblait surtout convenir aux contextes où l’on recherchait une allure enjouée ou un peu farfelue.
En novembre 2022, j’ai placé Edmunds dans le domaine public. Je l’avais toujours envisagée comme une expérience ludique et, même si elle n’a rien de particulièrement célèbre à son actif, j’aime qu’elle ait trouvé sa place dans des recoins inattendus du design.